
Le portage salarial a connu une croissance exponentielle de 15% par rapport à l’année dernière. Cette forme de travail, qui permet à un professionnel indépendant de bénéficier des avantages du salariat tout en conservant son autonomie, séduit de plus en plus de Français. Derrière cette flexibilité se cachent des charges spécifiques qui peuvent parfois surprendre les nouveaux adeptes de ce mode de rémunération. Entre cotisations sociales, frais de gestion et autres dépenses, le portage salarial est un univers complexe à décrypter. Pour mieux comprendre cet épi-phénomène, nous avons mené notre enquête sur les charges en portage salarial.
Sommaire
Comprendre le portage salarial et ses charges
Le portage salarial est un modèle qui implique une relation tripartite entre la société de portage, le consultant freelance et l’entreprise cliente. Dans ce cadre, c’est l’entreprise de portage qui se charge de reverser les cotisations sociales, simplifiant ainsi la gestion pour le salarié porté.
Les charges en portage salarial sont une composante essentielle à prendre en compte pour les salariés portés. Ils sont redevables de cotisations sociales, incluant les charges patronales et salariales, prélevées sur leur chiffre d’affaires.
Les freelances, y compris ceux en portage salarial, doivent s’acquitter de ces cotisations à l’URSSAF.
Quel est l’impact des charges sur le salaire net
Le salaire net du salarié est calculé après déduction des cotisations salariales du salaire brut, regroupant à la fois les cotisations patronales et salariales. Les consultants indépendants en portage salarial voient donc leurs frais de gestion et cotisations sociales déduits de leur chiffre d’affaires, impactant directement leur rémunération finale.
Pour simuler mon revenu en portage, il est fondamental de prendre en compte ces éléments.
Variabilité des charges lors du portage salarial
Les charges en portage salarial varient en fonction des entreprises, avec des frais pouvant aller de 3% à 12%. Chez certaines entreprises, un abonnement mensuel fixe est appliqué.
Environ 45% du chiffre d’affaires post-frais de portage est dédié aux cotisations sociales, réparties entre 15% pour les cotisations salariales et 30% pour les charges patronales.
Ces dernières contribuent au financement de la sécurité sociale, de la retraite, du chômage, des allocations familiales, entre autres. Les frais professionnels peuvent aussi impacter le coût total du portage salarial.
Quelle fiscalité en portage salarial ?
En dehors des charges sociales, un autre aspect important du portage salarial est la fiscalité. En tant que salarié porté, l’individu est soumis à l’impôt sur le revenu, prélevé à la source par l’entreprise de portage. Le taux d’imposition dépend du revenu net imposable du salarié porté, qui est calculé après déduction des cotisations sociales et des frais professionnels. Il est donc essentiel pour les consultants indépendants de bien comprendre les implications fiscales de leur statut.
Le portage salarial offre la possibilité de déduire certains frais professionnels de son revenu imposable. Ces frais peuvent inclure
- les dépenses liées au transport,
- à l’hébergement,
- à la formation,
- à l’achat de matériel.
Ces déductions peuvent donc réduire significativement le montant de l’impôt sur le revenu à payer.
Notons que le statut de salarié porté permet également de bénéficier de certains avantages sociaux, tels que l’accès à l’assurance chômage ou à la retraite complémentaire. Ces avantages sont financés par les cotisations sociales, ce qui explique en partie pourquoi les charges en portage salarial peuvent sembler élevées.
Quels sont les frais professionnels pris en charge en portage salarial ?

Julia (Reims) : « j’ai opté pour un double statut en portage salarial et en profession libérale »
En 2023, j’ai opté pour un double statut en portage salarial et en profession libérale. Mon salaire net déclaré en portage salarial s’élevait à 25 000 euros, tandis que mon chiffre d’affaires hors taxes en profession libérale atteignait les 40 000 euros. La société de portage salarial a prélevé une commission de 6.5% sur le chiffre d’affaires hors taxes, soit environ 6 000 euros annuels, sans me donner droit aux allocations chômage. En comparaison, les frais en profession libérale étaient moins élevés avec 250 euros de cotisation à l’AAG et entre 1000 à 1300 euros HT pour le comptable.
Les charges sociales, patronales, CGS CRDS, prévoyance, maladie, retraite, sont des éléments qui compliquent la comparaison entre les deux statuts. Pour ma part, le choix entre être salarié en portage salarial ou en profession libérale a dépendu de la protection offerte et de la perspective de retraite. J’ai constaté que le statut libéral peut être plus valorisant et offre une plus grande indépendance, mais que le coût des charges sociales peut être un élément déterminant.
À 41 ans, je dois avouer mon pessimisme quant à la retraite et préfère investir dans des assurances-vie et des biens immobiliers pour compenser. J’envisage de changer de statut pour travailler en direct avec mes clients, mais je me heurte à des exigences administratives telles que la nécessité de fournir un extrait de Kbis.










