
En 2026 : la revalorisation des bases (+0,9 %) est inférieure à l’inflation (+2,4 % en mai 2026) et l’Agirc-Arrco n’a pas revalorisé ses pensions à l’automne 2025.
Combien touchent en moyenne les retraités en France aujourd’hui ? La question paraît simple, mais la réponse exige de démêler plusieurs couches de statistiques officielles, de définitions techniques et d’estimations prudentes.
Top-metiers fait le point sur ce sujet épineux et restitue l’état complet des connaissances disponibles au 8 juin 2026, en distinguant ce qui est mesuré, ce qui est estimé et ce qui reste incertain.
💰 Simulateur de pension estimée
Estimation indicative basée sur les données DREES 2023, rebasées pour 2026. Régime principalSommaire
Questions fréquentes sur les retraites en France
La dernière statistique nationale officielle, publiée par la DREES, porte sur fin 2023 et établit la pension moyenne de droit direct à 1 666 € bruts / 1 541 € nets par mois, tous régimes confondus. En incluant la pension de réversion et les majorations familiales, la pension totale moyenne atteint 1 827 € bruts / 1 692 € nets.
Il n'existe pas encore de statistique consolidée pour 2024, 2025 ou 2026 : les chiffres 2026 sont des estimations, pas des données officielles publiées.
La médiane est le montant qui sépare les retraités en deux moitiés égales : 50 % touchent moins, 50 % touchent plus. Elle est plus représentative que la moyenne, qui est tirée vers le haut par les pensions élevées.
À partir de la distribution publiée par la DREES pour fin 2020, la médiane de la pension brute de droit direct était estimée à environ 1 380 €. En tenant compte des revalorisations depuis, l'estimation pour 2026 est d'environ 1 600 € bruts par mois.
La pension brute est le montant avant prélèvements sociaux. La pension nette est ce que le retraité perçoit effectivement, après déduction de :
- La CSG (contribution sociale généralisée)
- La CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale)
- La Casa (contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie)
- Et, selon les cas, une cotisation d'assurance maladie
Certains retraités aux revenus modestes bénéficient d'une exonération partielle ou totale de CSG, ce qui améliore leur ratio net/brut.
Oui, l'écart est très marqué. En 2023, pour les pensions de droit direct :
- Femmes : environ 1 310 € bruts par mois en moyenne
- Hommes : environ 2 090 € bruts par mois en moyenne
- Écart : -38 % au détriment des femmes
Cet écart reflète des carrières en moyenne plus courtes ou à temps partiel, des salaires plus faibles tout au long de la vie active, et une moindre part de retraite complémentaire. Il se réduit partiellement quand on intègre la pension de réversion, qui bénéficie majoritairement aux veuves.
En 2023, les pensions totales de droit direct tous régimes confondus, classées par régime principal d'affiliation :
- Professions libérales : 2 740 € bruts/mois (hommes 3 140 €, femmes 2 060 €)
- Fonction publique d'État (civils) : 2 440 € bruts/mois
- CNRACL (fonctionnaires territoriaux et hospitaliers) : 1 760 € bruts/mois
- Régime général (salariés du privé) : 1 530 € bruts/mois
- Artisans / commerçants : 1 320 € bruts/mois
- MSA non-salariés (agriculteurs) : 910 € bruts/mois
Au 1er janvier 2026, les pensions de base (régime général, fonction publique, MSA…) ont été revalorisées de +0,9 %.
Du côté des complémentaires, l'Agirc-Arrco (retraite complémentaire des salariés du privé) a décidé de ne pas revaloriser ses pensions au 1er novembre 2025.
C'est un net recul par rapport à 2024, année où les pensions de base avaient été relevées de +5,3 %, permettant un gain réel de +3,0 % en euros constants.
Oui, sur longue période. La DREES indique qu'entre 2013 et 2023, la pension moyenne de l'ensemble des retraités résidant en France a légèrement baissé en euros constants :
- -1,4 % en brut sur dix ans
- -1,9 % en net sur dix ans
Autrement dit, les revalorisations successives n'ont pas entièrement compensé l'inflation sur la décennie. En valeur nominale, la pension moyenne est passée de 1 424 € (2013) à 1 666 € (2023), mais en pouvoir d'achat réel, elle a légèrement reculé.
L'âge de départ a un double effet sur le montant de la pension :
- Partir avant 64 ans (âge légal depuis la réforme 2023) entraîne une décote si le nombre de trimestres requis n'est pas atteint.
- Partir après 64 ans génère une surcote : la pension est majorée de 1,25 % par trimestre supplémentaire.
Par ailleurs, les données INSEE montrent que la pension de droit direct décroît avec l'âge dans les statistiques de stock : les retraités les plus âgés ont cotisé sur des carrières en général moins bien rémunérées que les générations plus récentes.
Les non-salariés présentent les retraites les plus hétérogènes :
- Agriculteurs (MSA non-salariés) : 910 € bruts/mois en moyenne (2023), parmi les plus faibles du système — 770 € pour les femmes, 1 060 € pour les hommes.
- Artisans / commerçants (SSI) : 1 320 € bruts/mois en moyenne.
- Professions libérales : 2 740 € bruts/mois, les plus élevées du secteur privé.
Oui, selon la Cour des comptes. Dans son rapport 2025, elle qualifie les perspectives financières du système de retraites de préoccupantes, avec un déficit total tous régimes projeté à 6,6 milliards d'euros dès 2025.
Son rapport 2026 sur la sécurité sociale indique que les charges des régimes de base vieillesse et du FSV (Fonds de solidarité vieillesse) ont atteint 325,5 milliards d'euros en 2025, en hausse de 3,6 %.
Il faut distinguer deux chiffres :
- Le montant servi par le régime général aux bénéficiaires d'un droit direct : 916 € bruts/mois au 31 décembre 2025 (femmes 838 €, hommes 1 009 €).
- La pension totale tous régimes des retraités affiliés principalement au régime général : 1 530 € bruts/mois en 2023 — car la grande majorité d'entre eux perçoivent aussi une retraite complémentaire Agirc-Arrco.
Les principales sources officielles sont :
- DREES — Les retraités et les retraites (édition annuelle) : référence nationale harmonisée tous régimes. drees.solidarites-sante.gouv.fr
- Assurance retraite (CNAV) — Recueil statistique annuel par régime. assurance-retraite.fr
- Agirc-Arrco — Statistiques sur la retraite complémentaire des salariés du privé. agirc-arrco.fr
- INSEE — Données sur les inégalités, l'inflation et les non-salariés. insee.fr
- Info-retraite.fr — Pour obtenir son relevé de carrière et une estimation personnalisée. info-retraite.fr
Ce que l’on sait avec certitude : les chiffres officiels fin 2023
La référence nationale la plus fiable provient de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), qui publie chaque année une photographie harmonisée du système de retraite [1]. La dernière mesure consolidée, tous régimes confondus, porte sur fin 2023.
Pour les retraités résidant en France, voici ce que cette mesure établit :
| Indicateur | Mensuel brut | Mensuel net | Annuel brut | Annuel net |
|---|---|---|---|---|
| Pension de droit direct (avec majoration pour 3 enfants ou plus) | 1 666 € | 1 541 € | 19 992 € | 18 492 € |
| Pension totale (droit direct + réversion + majorations) | 1 827 € | 1 692 € | 21 924 € | 20 304 € |
Entre fin 2022 et fin 2023, la pension de droit direct a progressé de +2,4 % en euros courants, mais de -1,2 % en euros constants — c’est-à-dire en tenant compte de l’inflation. Les revalorisations n’ont donc pas suffi à préserver intégralement le pouvoir d’achat des retraités cette année-là [1].
Aucune moyenne nationale consolidée (DREES/INSEE) n’existe encore pour fin 2024, fin 2025 ou 2026. La DREES a mis à jour son portail en mai 2026, mais les données harmonisées disponibles couvrent la période 2004–2023 seulement [1].
L’estimation pour 2026 : autour de 1 780 € bruts par mois
En l’absence de statistique officielle récente, il est possible de construire une estimation raisonnée en combinant la base DREES fin 2023 avec les revalorisations légales connues jusqu’en juin 2026 [1] [4] [5].
| Indicateur | Fin 2023 (officiel) | Estimation 2026 |
|---|---|---|
| Pension de droit direct — brute mensuelle | 1 666 € | ? 1 780 € |
| Pension de droit direct — nette mensuelle | 1 541 € | ? 1 650 € |
| Pension totale — brute mensuelle | 1 827 € | ? 1 950 € |
| Pension totale — nette mensuelle | 1 692 € | ? 1 810 € |
| Pension de droit direct — brute annuelle | 19 992 € | ? 21 360 € |
| Pension de droit direct — nette annuelle | 18 492 € | ? 19 800 € |
Attention : la colonne 2026 n’est pas une statistique consolidée. Il s’agit d’une estimation centrale, construite à partir de la base DREES fin 2023 et des revalorisations officielles 2024–2026. Une marge d’incertitude de quelques dizaines d’euros existe, liée notamment à l’effet de renouvellement des retraités et aux évolutions des prélèvements sociaux.
Comprendre les chiffres : quelques définitions indispensables
Avant d’aller plus loin, il est utile de clarifier le vocabulaire, car les chiffres publiés ne décrivent pas tous la même réalité [1].
Moyenne ou médiane ?
La retraite moyenne est la moyenne arithmétique de toutes les pensions : elle est tirée vers le haut par les plus hauts revenus. La retraite médiane est le montant exact qui partage la population en deux moitiés égales — la moitié des retraités perçoit moins, l’autre moitié perçoit plus. Pour apprécier le niveau de vie du retraité typique, la médiane est souvent plus parlante que la moyenne.
Droit direct ou pension totale ?
- La pension de droit direct est celle que le retraité a acquise lui-même, en contrepartie de ses cotisations au fil de sa carrière.
- La pension totale peut en plus inclure la pension de réversion (versée au conjoint survivant) et certaines majorations, notamment pour avoir élevé trois enfants ou plus.
Brut ou net ?
Les montants bruts sont ceux avant prélèvements sociaux. Les montants nets sont ceux perçus effectivement, après déduction de la CSG, de la CRDS, de la Casa et, le cas échéant, de la cotisation d’assurance maladie. Le ratio net/brut est d’environ 92,5 % pour la pension de droit direct [3].
Pension totale d’un affilié ou montant versé par un régime ?
C’est la distinction la plus source de confusion. Quand la DREES indique que les retraités affiliés principalement au régime général touchent en moyenne 1 530 € bruts, il s’agit de leur pension totale tous régimes confondus, rangée selon le régime dominant de leur carrière. En revanche, quand la CNAV publie 916 € pour les bénéficiaires d’un droit direct du régime général, il s’agit seulement de ce que ce régime verse — pas du total perçu par le retraité [3]. Ces deux lectures ne sont pas directement comparables.
Stock ou flux ?
Les statistiques de la DREES photographient le stock de retraités présents au 31 décembre. Elles sont distinctes des données sur les nouveaux retraités (le flux des départs récents). Cette distinction est importante car l’effet de noria — l’arrivée de nouvelles générations aux carrières souvent meilleures, et la disparition des plus anciens aux pensions plus faibles — tend à faire progresser la pension moyenne du stock même en l’absence de revalorisation légale [3].

Les données par régime : ce que versent les différents systèmes
Le système de retraite français est éclaté entre de nombreux régimes. Voici une synthèse des données disponibles les plus récentes, en rappelant la nature exacte de chaque chiffre [1] [3] [4].
| Régime / concept | Date | Montant brut mensuel | Détail par sexe (si disponible) |
|---|---|---|---|
| Régime général à titre principal — pension totale de droit direct tous régimes [1] | 2023 | 1 530 € | Femmes : 1 140 € / Hommes : 2 030 € |
| Fonction publique d’État (civils) à titre principal — pension totale de droit direct tous régimes [1] | 2023 | 2 440 € | Femmes : 2 260 € / Hommes : 2 680 € |
| CNRACL (fonctionnaires territoriaux et hospitaliers) à titre principal [1] | 2023 | 1 760 € | Femmes : 1 680 € / Hommes : 1 940 € |
| Professions libérales à titre principal — pension totale de droit direct tous régimes [1] | 2023 | 2 740 € | Femmes : 2 060 € / Hommes : 3 140 € |
| MSA non-salariés (agriculteurs) à titre principal [1] | 2023 | 910 € | Femmes : 770 € / Hommes : 1 060 € |
| Autres régimes de non-salariés à titre principal [1] | 2023 | 1 320 € | Femmes : 990 € / Hommes : 1 640 € |
| Régime général — montant moyen servi aux bénéficiaires d’un droit direct (CNAV) [3] | 31/12/2025 | 916 € | Femmes : 838 € / Hommes : 1 009 € |
| Régime général — montant global moyen servi, tous droits confondus (CNAV) [3] | 31/12/2025 | 891 € | Femmes : 801 € / Hommes : 1 005 € |
| Agirc-Arrco — pension totale tous régimes des retraités de droits directs [4] | 2024 | 1 760 € (dont 552 € versés par l’Agirc-Arrco) | — |
| RCI — pension moyenne servie par le régime complémentaire des indépendants (droits directs) [3] | 31/12/2025 | 149 € | Femmes : 88 € / Hommes : 172 € |
Les cinq premières lignes représentent des pensions totales tous régimes, classées selon le régime principal d’affiliation. Les lignes suivantes indiquent ce que verse chaque régime spécifique. Ces deux familles de chiffres répondent à des questions différentes et ne doivent pas être comparées directement.

Les inégalités femmes-hommes : un écart structurel de près de 40 %
L’inégalité de pension entre femmes et hommes est l’une des plus marquées parmi les pays développés. En 2023, pour les retraités de droit direct résidant en France, la DREES observe [1] :
- Femmes : environ 1 310 € bruts par mois en moyenne
- Hommes : environ 2 090 € bruts par mois en moyenne
- Écart : environ -38 % au détriment des femmes
Cet écart se réduit partiellement lorsqu’on intègre les pensions de réversion, qui bénéficient majoritairement aux femmes (veuves). Sur la base des données INSEE pour 2019 (retraités de 65 ans ou plus) [2] :
| Indicateur (données 2019, 65 ans ou plus) | Femmes | Hommes |
|---|---|---|
| Pension nette totale (droit direct + réversion + majorations) | 1 272 € | 1 674 € |
| Pension nette de droit direct seul | 981 € | 1 600 € |
La distribution est particulièrement révélatrice des inégalités concrètes [2] :
- Environ 4 femmes retraitées sur 10 perçoivent moins de 1 000 € bruts par mois, contre environ 2 hommes sur 10.
- Les 10 % de femmes aux pensions les plus faibles sont sous 320 € bruts par mois, contre 750 € pour les 10 % d’hommes les moins bien lotis.
La distribution des pensions : une réalité bien plus dispersée que la moyenne
La pension moyenne masque une grande hétérogénéité. La DREES a publié une distribution détaillée des pensions brutes mensuelles de droit direct pour fin 2020 [1]. Cette distribution montre que :
- 10 % des retraités perçoivent plus de 3 000 € bruts par mois ;
- 16 % des retraités ayant effectué une carrière complète perçoivent encore moins de 1 000 € bruts par mois.
À partir de cet histogramme, les seuils de déciles approchés sont les suivants (interpolation à partir des classes de 100 € publiées par la DREES, fin 2020) [1] :
| Seuil | Pension brute mensuelle (fin 2020) |
|---|---|
| D1 (10 % des retraités touchent moins que…) | ? 400 € |
| D2 | ? 730 € |
| D3 | ? 935 € |
| D4 | ? 1 160 € |
| D5 — médiane | ? 1 380 € |
| D6 | ? 1 600 € |
| D7 | ? 1 870 € |
| D8 | ? 2 190 € |
| D9 (10 % des retraités touchent plus que…) | ? 2 730 € |
Ces seuils sont des interpolations, non des déciles officiellement publiés. En revalorisant mécaniquement la médiane de fin 2020 selon l’évolution de la moyenne jusqu’en 2026, on obtient un ordre de grandeur de médiane 2026 autour de 1 600 € bruts par mois, soit environ 1 480 € nets. Cette valeur est une estimation de structure, pas une statistique officielle [1] [4].
Pour un repère exact et récent par régime, l’Agirc-Arrco publie les déciles de pension des nouveaux retraités 2024 : la médiane de la seule part Agirc-Arrco est de 290 €, avec un D1 à 38 € et un D9 à 1 038 €, pour une moyenne de 491 € [4].
Pensions selon l’âge : les plus âgés touchent moins en droit direct
Les sources prioritaires ne disposent pas d’une table nationale harmonisée par âge pour 2023–2025. Le meilleur repère reste les données INSEE pour 2019 (retraités de 65 ans ou plus) [2]. La tendance est nette : la pension de droit direct décroît avec l’âge, surtout chez les femmes, tandis que la réversion prend davantage de poids aux âges élevés.
| Âge | Femmes — pension nette totale | Hommes — pension nette totale | Femmes — droit direct net | Hommes — droit direct net |
|---|---|---|---|---|
| 65–69 ans | 1 249 € | 1 689 € | 1 126 € | 1 628 € |
| 70–74 ans | 1 262 € | 1 724 € | 1 073 € | 1 659 € |
| 75–79 ans | 1 278 € | 1 689 € | 987 € | 1 615 € |
| 80–84 ans | 1 234 € | 1 591 € | 840 € | 1 508 € |
| 85 ans ou plus | 1 342 € | 1 611 € | 765 € | 1 499 € |
| Ensemble 65 ans ou plus | 1 272 € | 1 674 € | 981 € | 1 600 € |
Évolution historique et pouvoir d’achat
Entre 2010 et 2023, la pension moyenne brute de droit direct est passée d’environ 1 329 € à 1 666 € par mois. En valeur nominale, la hausse est réelle. Mais en pouvoir d’achat, le bilan est bien plus nuancé [1].
La DREES indique qu’entre 2013 et 2023, la pension moyenne de l’ensemble des retraités a légèrement baissé en euros constants : -1,4 % en brut et -1,9 % en net. Autrement dit, sur dix ans, les revalorisations n’ont pas compensé l’inflation [1].
L’évolution observée et estimée de la pension moyenne brute de droit direct est la suivante :
| Année | Pension brute mensuelle (€) | Statut |
|---|---|---|
| 2010 | 1 329 € | Officiel DREES [1] |
| 2013 | 1 424 € | Officiel DREES [1] |
| 2016 | 1 468 € | Officiel DREES [1] |
| 2019 | 1 504 € | Officiel DREES [1] |
| 2020 | 1 532 € | Officiel DREES [1] |
| 2021 | 1 543 € | Officiel DREES [1] |
| 2022 | 1 626 € | Officiel DREES [1] |
| 2023 | 1 666 € | Officiel DREES [1] |
| 2024 | ? 1 739 € | Estimation [1] [4] |
| 2025 | ? 1 768 € | Estimation [4] [5] |
| 2026 (S1) | ? 1 780 € | Estimation [4] [5] |
Les revalorisations légales : le moteur des hausses nominales
Les pensions évoluent principalement selon des décisions officielles de revalorisation. Voici le calendrier des revalorisations observées entre 2023 et 2026 [4] [5] :
| Date | Régime concerné | Revalorisation |
|---|---|---|
| Janvier 2023 | Pensions de base | +0,8 % |
| Novembre 2023 | Agirc-Arrco (valeur du point) | +4,9 % |
| Janvier 2024 | Pensions de base | +5,3 % |
| Novembre 2024 | Agirc-Arrco | +1,6 % |
| Janvier 2025 | Pensions de base | +2,2 % |
| Novembre 2025 | Agirc-Arrco | 0,0 % (pas de revalorisation) [4] |
| Janvier 2026 | Pensions de base | +0,9 % [5] |
Le contraste entre 2023 et 2024 est particulièrement frappant [1] :
- En 2023, malgré une revalorisation nominale, la pension moyenne a baissé de 1,8 % en euros constants, l’inflation restant élevée.
- En 2024, la forte hausse de +5,3 % des pensions de base a permis un vrai rattrapage : la pension moyenne tous régimes a augmenté de 3,0 % en euros constants.
Pour 2025, la situation est plus favorable : l’inflation a fortement ralenti à +0,9 % en moyenne annuelle selon l’INSEE [2], rendant la revalorisation de +2,2 % des bases réellement avantageuse pour la plupart des retraités. Toutefois, l’absence de revalorisation Agirc-Arrco en novembre 2025 a limité les gains pour les salariés du privé très dépendants de leur complémentaire [4].
Pour 2026, la tendance se renverse à nouveau : la revalorisation des bases (+0,9 % au 1er janvier) est inférieure à l’inflation constatée, qui atteignait +2,4 % sur un an en mai 2026 selon l’INSEE [2] (et +3,2 % pour la zone euro selon Eurostat [6]). En termes de pouvoir d’achat, 2026 s’annonce donc comme une année de recul réel pour les retraités.
Le régime général illustre bien l’effet combiné des revalorisations et du renouvellement démographique. La CNAV estime qu’entre 2004 et 2024, le montant global moyen servi par le régime général est passé de 733 € à 866 € en euros constants 2024, soit +18 %, grâce à la fois aux revalorisations et à l’effet de noria [3].

Le contexte financier : un système sous pression
Les débats sur les revalorisations s’inscrivent dans un contexte financier tendu. La Cour des comptes a jugé en 2025 que les perspectives du système de retraites étaient préoccupantes, avec un déficit total tous régimes projeté à 6,6 milliards d’euros dès 2025 [7]. Dans son rapport 2026 sur la sécurité sociale, elle rappelle que les charges des régimes de base vieillesse et du Fonds de solidarité vieillesse (FSV) ont atteint 325,5 milliards d’euros en 2025, en hausse de 3,6 % [7]. Ce contexte a nourri le débat — finalement abandonné — sur un éventuel gel des pensions de base en 2026 [5].
Comment a été construite l’estimation 2026 ?
L’estimation pour 2026 repose sur une logique de pont entre la dernière observation consolidée de la DREES (fin 2023) et les revalorisations officielles connues jusqu’en juin 2026. Voici les étapes :
- Point de départ : pension moyenne de droit direct brute fin 2023 = 1 666 € (DREES [1]).
- 2024 : application d’une revalorisation tous régimes de +4,4 % en euros courants (implicite dans les données DREES, soit +3,0 % en termes réels avec une inflation de +1,3 %). Résultat : environ 1 739 € [1].
- 2025 : pondération implicite entre pensions de base (+2,2 %) et Agirc-Arrco (inchangée à partir de novembre), correspondant à une hausse nominale d’environ +1,67 %. Résultat : environ 1 768 € [4] [5].
- 2026 (S1) : pensions de base +0,9 %, pas de revalorisation complémentaire observée. Hausse nominale estimée à environ +0,68 %. Résultat final : environ 1 780 € [5].
- Pour le net : application du ratio net/brut observé fin 2023 par la DREES, soit environ 92,5 %, conduisant à une estimation nette d’environ 1 650 € [1].
La pondération entre pension de base et pension complémentaire (76 % / 24 % environ) est une inférence méthodologique, pas un paramètre officiel publié comme tel.
Limites de cette estimation et questions encore ouvertes
Cette estimation donne un ordre de grandeur crédible, mais elle comporte trois limites importantes :
- L’effet de noria : l’arrivée de nouvelles générations de retraités (souvent mieux dotées) et le départ des plus anciens modifient la moyenne indépendamment des revalorisations. Cette estimation en tient compte de façon imparfaite [3].
- La médiane et les déciles : les chiffres de distribution présentés ici sont des estimations fondées sur l’histogramme DREES de fin 2020, rebasé selon les évolutions moyennes. Aucune médiane nationale mensuelle consolidée n’est publiée officiellement pour 2023–2025 [1].
- La comparaison entre régimes : les tableaux présentés mêlent deux lectures (pension totale tous régimes vs montant servi par un régime), ce qui répond à deux questions différentes mais interdit toute comparaison directe entre ces séries [1] [3] [4].
Trois points mériteraient d’être actualisés dès la publication des prochaines sources officielles :
- La moyenne nationale consolidée fin 2024 et fin 2025 selon le cadre harmonisé DREES/ANCETRE ;
- Une médiane nationale officielle mensuelle tous régimes publiée explicitement ;
- Une ventilation plus récente par âge au niveau national tous régimes.
Références
Toutes les sources ont été consultées le 8 juin 2026.
- [1] DREES — Les retraités et les retraites – Édition 2025, fiches 04 et 05 ; base de données EACR/ANCETRE 2023.
Référence nationale harmonisée : moyennes brutes/nettes, comparaisons par régime, pouvoir d’achat, distribution des pensions.
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/ - [2] INSEE — Femmes et hommes, l’égalité en question ; Pensions de retraite des non-salariés ; indices des prix à la consommation 2025–2026.
Utilisé pour les données par âge, par sexe, indépendants et contexte inflationniste.
https://www.insee.fr/fr/statistiques/4277630 - [3] Assurance retraite (CNAV) — Recueil statistique 2025 ; fiches régime général et régime complémentaire des indépendants (RCI), données au 31 décembre 2025.
Utilisé pour les montants servis par le régime général et le RCI en 2024–2025, dont la distinction droit direct / tous droits et les données par sexe.
https://www.assurance-retraite.fr/ - [4] Agirc-Arrco — Les retraités de l’Agirc-Arrco ; Les nouveaux retraités 2024 ; Paramètres et chiffres du régime ; communiqué du 17 octobre 2025 (absence de revalorisation au 1er novembre 2025).
Utilisé pour la complémentaire du secteur privé : pension totale tous régimes, déciles des nouveaux retraités, valeur du point, décision de non-revalorisation fin 2025.
https://www.agirc-arrco.fr/chiffres-et-statistiques/ - [5] Service-Public.fr / Législation — Décrets de revalorisation des pensions de base 2023, 2024, 2025, 2026.
Utilisé pour les taux officiels de revalorisation des régimes de base (Sécurité sociale).
https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2478 - [6] Eurostat — Euro-indicator : taux d’inflation IPCH zone euro, mai 2026.
Utilisé pour la mise en perspective européenne de l’inflation au printemps 2026 (+3,2 % sur un an).
https://ec.europa.eu/eurostat/web/products-euro-indicators - [7] Cour des comptes — Situation financière et perspectives du système de retraites (2025) ; Rapport sur la Sécurité sociale 2026.
Utilisé pour le contexte financier : déficit projeté du système, charges des régimes de base vieillesse et FSV, débat sur le gel des pensions en 2026.
https://www.ccomptes.fr/fr/








