Grille de salaire dans l’immobilier : CCN 2026

metier immobilier salaire

📌 L’essentiel à retenir
La CCN immobilier fixe des minima de salaire obligatoires pour tous les employeurs.
Les agents de maîtrise AM2 ont un salaire annuel brut minimum de 26 415 €.
Les négociateurs immobiliers ont des rémunérations basées sur des commissions négociées.
Les salaires dans l’immobilier dépassent souvent les minima conventionnels de 20 à 40 %.
À Paris, les salaires peuvent être 25 à 30 % plus élevés qu’en province.

Dans l’immobilier, la rémunération se résume rarement à un salaire fixe : elle mêle commissions, primes, statuts et niveaux d’expérience qui rendent chaque grille salariale difficile à lire pour qui cherche à se positionner ou à négocier.

Que l’on débute comme agent commercial, que l’on exerce en tant que négociateur salarié ou que l’on dirige une agence, les écarts de revenus peuvent être considérables d’un profil à l’autre, d’une région à l’autre, et d’une enseigne à l’autre.

Top-metiers fait le point sur les grilles de salaire dans l’immobilier en 2026, pour vous aider à mieux comprendre ce que chaque poste rapporte réellement et comment évoluer vers une rémunération à la hauteur de vos ambitions.

Les minima de salaire dans l’immobilier en 2026 (ce que dit la convention)

Dans le secteur de l’immobilier, les salaires ne sont pas laissés au hasard. La CCN immobilier (identifiée sous le code IDCC 1527) fixe des planchers obligatoires que tout employeur doit respecter, qu’il gère une agence, loue des logements ou vend des terrains.

Ces minima s’appliquent à temps complet, soit 35 heures par semaine. Voici ce que prévoit la grille pour chaque catégorie :

Catégorie Niveau Salaire annuel brut minimum
Employés E1 23 700 €
Employés E2 24 428 €
Employés E3 25 080 €
Agents de maîtrise AM1 25 569 €
Agents de maîtrise AM2 26 415 €
Cadres C1 28 333 €
Cadres C2 36 932 €
Cadres C3 44 221 €
Cadres C4 49 800 €

Ces montants sont supérieurs au SMIC dans la quasi-totalité des cas, c’est précisément l’intérêt d’une convention collective. Les minima conventionnels immobilier 2026 s’imposent à tous les employeurs du secteur, sans exception possible.

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Une bonne question à se poser : est-ce que votre fiche de paie reflète bien votre niveau de classification ?

C’est souvent là que le bât blesse.

Pour vérifier le respect du minimum, seul le salaire de base entre en compte.

Sont donc exclus de la comparaison :

  • Le 13e mois et la prime d’ancienneté
  • L’intéressement, la participation et l’épargne salariale
  • Les primes exceptionnelles ou bénévoles
  • Les majorations pour heures supplémentaires, dimanche ou jours fériés
  • Les remboursements de frais, la prime de transport et l’indemnité d’astreinte

Le respect du minimum est vérifié chaque année, en ne retenant que le salaire de base dans la comparaison.

Si vous travaillez à temps partiel, la formule est simple : minimum annuel × heures hebdomadaires ÷ 35. Par exemple, pour un E1 à 28 heures par semaine, cela donne 23 700 × 28 ÷ 35, soit 18 960 € brut annuel minimum.

Négociateurs immobiliers : une rémunération à part (commissions et minima spécifiques)

Les négociateurs immobiliers fonctionnent différemment du reste des salariés. Leur rémunération repose principalement sur des commissions librement négociées avec l’employeur, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a aucun filet de sécurité.

Deux situations existent selon le statut du négociateur :

  • Négociateur VRP : minimum de 1 540 € brut mensuel, soit 13 fois ce montant par an (20 020 € annuels).
  • Négociateur non-VRP : minimum de 1 867,02 € brut mensuel, soit 13 fois ce montant annuellement, mais le SMIC s’applique dès lors qu’il dépasse ce plancher.

Concrètement, si vos commissions d’un mois sont faibles, l’employeur doit tout de même vous garantir ce minimum mensuel. La vérification se fait deux fois : chaque mois pour le plancher mensuel, et chaque année pour le plancher annuel. C’est une double protection assez rare dans d’autres secteurs.

Pour les négociateurs, contrairement aux autres catégories, le salaire de base et les commissions sont tous les deux pris en compte dans la vérification du minimum. Les autres éléments (primes exceptionnelles, remboursements de frais, etc.) restent exclus, comme pour le reste des salariés.

Grille de salaire dans l'immobilier en 2026

Jeunes, temps partiel et règles pratiques (ce qu’on oublie souvent de vérifier)

Si vous embauchez, ou si vous êtes, un jeune de moins de 18 ans, des règles spécifiques s’appliquent. La convention prévoit une rémunération réduite, mais encadrée :

  • Avant 17 ans : 80 % du SMIC applicable
  • Entre 17 et 18 ans : 90 % du SMIC applicable

Attention cependant : ces abattements disparaissent complètement dès que le jeune justifie d’au moins 6 mois de pratique professionnelle dans la branche immobilière. Passé ce cap, il est rémunéré comme n’importe quel autre salarié de son niveau, sans réduction possible.

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Sur les périodes d’essai, la convention est aussi précise. En CDI, elles fluctuent selon la classification :

  • E1 : 1 mois renouvelable
  • E2 et E3 : 2 mois renouvelables
  • AM1, AM2, C1, C2, C3, C4 : 3 mois renouvelables

Quelques éléments de rémunération méritent d’être connus même s’ils n’entrent pas dans le calcul du minimum. La prime d’ancienneté augmente de 30 € tous les 3 ans à partir de 3 ans dans l’entreprise. Un 13e mois est versé en décembre. Et les heures supplémentaires sont majorées de 25 % pour les 8 premières heures, puis de 50 % au-delà, ou compensées par du repos (1h15 pour les 8 premières heures supplémentaires, 1h30 pour les suivantes).

Salaire réel vs salaire minimum : où se situe vraiment le marché en 2026 ?

La convention collective fixe des planchers, c’est clair. Mais soyons honnêtes : dans la réalité du terrain, les salaires pratiqués dépassent souvent ces minima, parfois largement. Connaître l’écart entre ce que la loi impose et ce que le marché propose, c’est une information précieuse quand on cherche un poste ou qu’on renégocie sa rémunération.

Ce que gagnent vraiment les professionnels de l’immobilier (les chiffres du marché)

Les offres d’emploi et les enquêtes de rémunération donnent une image plus nuancée que la grille salariale conventionnelle de l’immobilier. Un gestionnaire locatif débutant, classé E2 ou E3, se retrouve souvent entre 26 000 € et 30 000 € brut annuel dans une agence de taille moyenne, soit déjà 15 à 20 % au-dessus du minimum conventionnel. Pour un responsable de copropriété expérimenté en niveau AM2, les offres tournent plutôt autour de 35 000 à 42 000 €, bien au-delà des 26 415 € imposés par la convention.

Le minimum conventionnel est un filet de sécurité, pas un objectif de carrière : le marché réel se situe souvent 20 à 40 % au-dessus selon le poste et la région.

La localisation joue aussi un rôle majeur. À Paris et en Île-de-France, les salaires sont structurellement plus élevés qu’en province, parfois de 25 à 30 % pour un même poste et un même niveau de classification. C’est un facteur à intégrer dès la négociation.

Les leviers qui font vraiment grimper la rémunération (au-delà du niveau de classification)

Plusieurs éléments font bouger le curseur, indépendamment de votre classification officielle :

  • La spécialisation : un expert en immobilier d’entreprise ou en gestion de patrimoine haut de gamme est mieux rémunéré qu’un généraliste, à niveau égal
  • La taille de la structure : les grands groupes comme Nexity ou Foncia proposent des grilles internes souvent plus favorables que les petites agences indépendantes
  • Le portefeuille géré : en gestion locative ou en syndic, le volume de lots gérés est directement corrélé au salaire proposé
  • Les certifications et formations complémentaires : une carte professionnelle T, G ou S, ou un diplôme de niveau bac+3 minimum, ouvre des portes vers des niveaux AM ou C plus rapidement
  • L’ancienneté dans la branche : au-delà de la prime conventionnelle, elle joue sur la crédibilité en négociation
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Autrement dit, deux salariés classés au même niveau peuvent afficher des salaires très différents selon leur profil et leur employeur. La grille donne un cadre, pas un destin.

Comment utiliser ces données pour négocier

Beaucoup de salariés hésitent à négocier parce qu’ils ne savent pas sur quoi s’appuyer. Pourtant, la démarche est assez simple quand on dispose des bons repères. Avant un entretien ou une révision annuelle, vérifiez d’abord votre niveau de classification réel sur votre contrat de travail, puis comparez votre salaire de base aux minima conventionnels. Si vous êtes juste au-dessus du plancher, vous avez un argument solide : le marché paie davantage pour votre profil.

Pensant à préparer cet échange, appuyez-vous sur des sources concrètes : les offres d’emploi actives sur des plateformes comme Indeed ou l’Apec pour les cadres, les baromètres de rémunération publiés par les syndicats professionnels de l’immobilier, ou encore les données de l’Observatoire des métiers de l’immobilier. Ce sont des arguments objectifs, bien plus efficaces qu’une simple demande à l’intuition.

Immobilier : que change l’avenant n°110 pour vos salaires minimums

Si vous travaillez dans l’immobilier, agence, gestion locative, syndic de copropriété, vous êtes très probablement concerné par la convention collective n°3090. Et bonne nouvelle : les minima salariaux de cette branche viennent d’être revus à la hausse. C’est l’avenant n°110 du 4 mars 2026 qui officialise tout ça, avec une entrée en vigueur fixée au 1er avril 2026. Autrement dit, si votre employeur n’a pas encore mis à jour votre fiche de paie, il est temps de vérifier.

Concrètement, la revalorisation moyenne est d’environ 1,4 % sur l’ensemble de la grille. Ce n’est pas une révolution, mais c’est un coup de pouce réel, surtout dans un contexte où le pouvoir d’achat reste une préoccupation constante. Les codes NAF visés sont précis : 6810Z, 6820A/B, 6831Z, 6832A/B, ce qui couvre aussi bien la transaction immobilière que la location, la gestion et l’administration de biens.

Un cas particulier mérite attention : les négociateurs immobiliers qui ne sont pas VRP. Pour eux, le minimum annuel garanti se calcule sur la base de 13 fois le SMIC mensuel brut, une formule qui évolue donc automatiquement avec le SMIC, sans montant fixe gravé dans le marbre. C’est une logique de plancher dynamique, ce qui est plutôt une bonne chose quand le SMIC progresse.

 

Dernière mise à jour le

Fabrice Durand

Fabrice Durand


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